Bahreïn : qui réprime le peuple et pourquoi ?

29 Fév

IRIB 27.02.2012

Dans tout événement, le sens répond à deux catégories, l’une sert de causalité mécanique, et se nomme l’antécédent, et l’autre, plus importante est ce pour quoi une chose est faite, sa finalité.

C’est ainsi que la répression exercée sauvagement, impitoyablement, mais systématiquement à Bahreïn contre la population chiite, en majorité rurale, avec le quadrillage qui continue, a pour but – car c’est cette finalité qui intéresse la politique – l’alliance anti-iranienne des pays du golfe Persique, usant de la révolte populaire des Bahreïnis comme prétexte, au besoin, entretenue. En effet, la situation stratégique de Bahreïn, comme port de la flotte américaine, n’a jamais été menacée jusqu’à ce jour. On en peut déduire que la répression n’est pas la réaction à une émeute, aussi légitime qu’elle soit par ailleurs, mais une action mûrie, stratégique qui a intégré les éléments de la révolte populaire comme moteur de son installation, à savoir de la création de ce pacte d’alliance militaire entre riverains du golfe Persique, pour constituer une coalition offensive dont les troubles syriens font la démonstration. C’est cette stratégie qu’avoue le « Journal of democracy » de la Fondation de Washington dépendant du Département d’Etat: dans son numéro d’octobre 2011, Zoltan Balkany, comparant le rôle décisif de l’armée dans les « révoltes arabes », note que les Chiites sont non seulement exclus des « travaux sensibles », mais que l’absence de conscription militaire fait qu’ils se voient exclus par l’armée en place du maniement des armes et de tout poste naturellement. La répression de Bahreïn est donc matériellement une opération anti-chiite, voulue comme telle par ceux qui tiennent ce régime à bout de bras ! A commencer par l’Arabie saoudite et le Qatar qui indifférents à ce pour quoi ils condamnent le régime de Damas, écrasent de leurs chenilles la moindre voix libertaire dans les rues de Manama et d’autres villes et villages révoltés de Bahreïn. L’occupation politique et militaire de Bahreïn est l’amorce d’un vaste projet qui vise à attaquer militairement et à occuper même tout Etat de la région un tant soit peu mu par l’anti-américanisme. L’alliance militaire conclue entre les Etats inféodés du golfe Persique s’est donc concrétisée à Bahreïn. Que le sacrifice de la population bahreïnie soit inspiré par la gravité et l’étendue sensible à elle de ce danger relève aussi d’une fraternité religieuse que l’Histoire a rendue organique et donc vitale. Pourquoi alors s’étonner, non seulement du soutien servile de certains états arabes aux maîtres des îles, mais aussi du silence des principaux acteurs du Printemps dit arabe. Les Bahreïnis ne seraient-il plus arabes, et la place de la Perle n’est-elle pas un bien commun des amis de la liberté, ou pour être un bon Arabe, faut-il être partie prenante de ce grand jeu saoudien et washingtonien dont on finit par croire que les nouveaux venus au pouvoir connaissent la signification stratégique ; et auraient été recrutés, direz-vous peut-être comme nous, en conséquence !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :